Instabilité traumatique trapézométacarpienne: que faire en urgence?

Jean Goubau1,2, Chul Ki Goorens1, Petrus Van Hoonacker1, Diederick Kerckhove1, Bart Berghs1

1 Service d’Orthopédie et de Traumatologie, Unité du Membre Supérieur, AZ Sint Jan AV Brugge-Oostende, Campus Brugge, Ruddershove 10, Brugge, Belgique
2 Service d’Orthopédie et de Traumatologie, Hôpital Universitaire de Bruxelles, Laarbeeklaan 101, Bruxelles, Belgique

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L’articulation trapézométacarpienne est une articulation bien particulière. Sa double selle lui offre des mobilités étendues. Malheureusement, sa stabilité se réduit de par son arc de rotation et sa mobilité étendue. L’anatomie des ligaments de la trapézometacarpienne à déjà été étudiée de façon étendue. Les déscriptions anatomiques ligamentaires varient: certaines études rapportent seize ligaments, d’autres que quatre ligaments. Jusqu’à ce jour, on avait attaché beaucoup d’importance au ligament antérieurs, le ligament antérieur oblique, et le ligament antérieur ulnocollateral (de Kaplan). Récemment , Ladd et al. ont fait une étude anatomique sur 30 mains et analysés tous les ligament sur le point de vue macroscopique et microscopique. Le Complex dorsal – le dorsoradial, dorsal central et postérieur oblique - s’avérent être nettement plus épais que les ligaments palmaires. Par ailleurs leur cellularité est nettement plus grande que les ligaments palmaires qui sont beaucoup plus minces et d’apparence histologique capsulaire.

La luxation traumatique trapézométacarpienne est une lésion extrèmement rare. La structure capsuloligamentaire est telle que le mécanisme de luxation engendrera plus facilement une fracture (Bennett) qu’une luxation pure. Le traitement d’une luxation traumatique n’est pas univoque.

Les séries dans la littérature sont tellement courtes et contradictoires, qu’il est difficile d’en distiller un arbre décisionel utile. Hooper en 1987 préférait la simple réduction et l’immobilisation pendant 6 semaines, Toupin en 1995 préconisait une réduction et embrochage percutané par une ou deux broches pendant également 6 semaines, alors que Pequignot en 1988 et Fontes en 1992 prétendaient que toutes luxation trapézo-métacarpienne doit être abordée et stabilisée par ligamentoplastie. En outre-Atlantique, Trumble préconisait en 1996 la même approche.

Des études récentes n’existent pas, et la survenue de ce genre de lésions est très rare. Actuellement la meilleure approche sera décidée sur le terrain : l’anatomie de la trapézo-métacarpienne, la laxité de structurelle individuelle, la stabilité après réduction et ajouté à ce testing une arthrographie ou arthroscopie dicteront la conduite à tenir. Si la stabilité est suffisante, un embrochage de type Iselin ou de Wagner ainsi qu’une immobilisation de 6 semaines devront donner un résultat satisfaisant. Si par contre la laxité est très prononcée lors de la réduction, une ligamentoplastie de Littler ou circonférentielle autour de la base du premier métacarpien doit être envisagé.