Les Gelures

EJ Camus, L Van Overstraeten

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Si les gelures sont connues des alpinistes hivernaux, elles ne sont parfois pas assez redoutées. On les retrouve aussi chez le promeneur perdu, le randonneur optimiste, voire chez le SDF. Il s’agit d’un gel des tissus, touchant surtout les extrémités, les mains, les pieds, le nez et les oreilles, parfois les genoux ou les fesses chez un sujet assis attendant les secours.

Le premier signe est la perte de sensibilité. Cela s’accompagne de blancheur et de froideur de la zone atteinte. Il s’agit d’une gelure stade 1 lorsque la sensibilité revient aux manœuvres de réchauffage (tapotement, massages doux, réchauffement contre une zone chaude du corps : aisselles, entre les cuisses).

Si la sensibilité et la couleur ne reviennent pas, il faut avoir recours à des moyens logistiques, et notamment le bain d’eau chaude (38-40°) et la boisson chaude. A ce stade, de l’aspirine ou des vasodilatateurs peuvent être administrés. Au stade 2, le réchauffement dans l’eau ne permet pas de retrouver la sensibilité et la coloration rosée. Les téguments deviennent violacés et des phlyctènes apparaissent, qui nécessitent des soins locaux. Cela reste limité aux phalanges distales.

Au stade 3, l’aspect violacé remonte en amont des dernières phalanges, sans touchez la paume ou l’avant pied. Le risque de nécrose, et donc d’amputation, est important. Une hospitalisation est nécessaire.

Au stade 4, l’aspect violacé touche la main ou le pied, le risque d’amputation est majeur.

Traitement en urgence par aspirine et buflomédil, pansement stérile, antibiothérapie et rapatriement en urgence. En cas de gelure des pieds, ne pas les laisser sans chaussures plus d’une heure si une redescente doit être envisagée, l’œdème pouvant empêcher le rechaussage.

La prévention repose sur l’aspirine quotidien à la dose de 250 mg/j, l’hydratation, la protection du contact des objets métalliques, des vêtements secs, de bonne qualité isolante, ne limitant pas la circulation veineuse. Il faut aussi réagir rapidement en réchauffant une zone stade 1, éviter le tabac, l’alcool, la caféine.

La scintigraphie osseuse au technétium est utile pour préciser le pronostic. Elle permet, si l’os montre une activité isotopique, de ne pas amputer trop précocement une situation qui pourrait évoluer favorablement alors que la clinique est inquiétante. Un protocole basé sur l’ilomédine est en cours d’évaluation, semble prometteur si administré dans les 48 heures.

L’ IFREMMONT (Institut de Formation et de REcherche en Médecine de MONTagne), assure les soins, la recherche et l’enseignement ainsi qu’une prise en charge type SOS.

Conclusion : Simple à détecter et à soigner à l’origine, la gelure est pourtant parfois grave, soit par négligence, soit par difficultés de rapatriement. La prévention reste primordiale et chacun devrait avoir en tête les réflexes limitant sa gravité.