De la FMC au DPC, o¨ en est-oná?

V.TRAVERS, E.FAVREUL

Le ministère de la Santé a procédé à une large concertation durant toute l’année 2011 pour finaliser la rédaction des décrets relatifs au développement professionnel continu (DPC). Le nouveau dispositif, qui réunira la formation médicale continue (FMC) et l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP), doit (enfin!) voir le jour en 2012. Il a été l’objet de vives critiques. Certains syndicats redoutaient l’omnipotence de l’OGDPC, l’organisme gestionnaire qui pilotera et financera le système. Le gouvernement semble avoir rassuré la majorité des acteurs. Le Conseil d’État a quant à lui rendu un avis favorable aux décrets qui précisent l’organisation du DPC. Tous les médecins – libéraux, hospitaliers et salariés - devront satisfaire à l’obligation annuelle de DPC. Ils seront tenus de suivre chaque année une action de DPC, dont le contenu a été agréé par la commission scientifique indépendante (CSI), caution de la qualité de la formation.

Le financement sera assuré par les fonds de la formation professionnelle conventionnelle (70 millions d’euros) mais surtout par la nouvelle taxe de 150 millions d’euros prélevée sur l’industrie pharmaceutique (loi sur le médicament) et des contributions de l’État. Pour les médecins hospitaliers, le financement émanera des établissements de santé (0,75 % de la rémunération des praticiens ou 0,5 % lorsqu’ils exercent en CHU).

Un comité paritaire, au sein de l’OGDPC, constitué pour les médecins de 6 généralistes et 6 spécialistes, aux côtés de 6 représentants de l’État et 6 des caisses, veillera à la répartition des budgets et à la publication des actions agréées de DPC. La publication des décrets est « imminente », assure le ministère de la Santé. Une convention constitutive devra paraître afin de lancer le dispositif mais son délai de parution reste incertain.

En ce qui concerne les spécialités plateaux technique, l’accréditation (Orthorisq pour les orthopédistes) garantira l’obligation de DPC et suffira donc. Cela signifie que,pour que ceux qui veulent se former «  a minima », l’accréditation sera suffisante pour leur formation professionnelle tout au long de leur carrière !

On le voit donc, le DPC, s’il accouche un jour (les élections risquent de tout balayer !), vise à un processus minimal, contrôlé de plus en plus par les administratifs et de moins en moins par les syndicats, les hospitalo universitaires et les organismes de formation.

On le sait déjà, les formations qui seront validées seront celles qui permettent une économie des soins (moins prescrire ou moins cher), la formation pure passant à la trappe !

Les syndicats s’opposent à ce projet car ce sont plusieurs millions d’euro qui leur échappent !

Les organismes de formation s’y opposent aussi car en terme de pédagogie et de formation médicale continue, on va à l’envers de leurs idéaux. Enfin les universitaires ont cru qu’ils pourraient «  récupérer » le DPC à leur profit, il semble que l’état gardera la main mise.

Alors que faire ?

Continuez l’accréditation si vous y êtes déjà engagés, cela vous fait une économie d’assurance non négligeable. Pour l’intérêt de celle-ci, nous vous laissons juges…. En ce qui me concerne, j’ai toujours refusé d’entrer dans ce système dont la valeur me semble bien médiocre.

Pour le reste, continuez à vous former par vous-mêmes : congrès, journaux, rien ne changera…

Quel dommage !!