Analyse peropératoire de la cinématique d’une prothèse totale du genou par un système de navigation. Intérêt pronostique potentiel.

Jean-Yves JENNY

Cliquez-ici pour voir la communication complète

Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Centre de Chirurgie Orthopédique et de la Main, 10 avenue Baumann, F-67400 Illkirch-Graffenstaden (France), Tel 0388552145, Fax 0388552357, E-mail jean-yves.jenny@chru-strasbourg.fr

INTRODUCTION : Nous avons développé et validé un logiciel de navigation permettant d’enregistrer la cinématique peropératoire et de comparer l’état initial et prothétique. L’objectif de cette étude était de rechercher les corrélations éventuelles entre les résultats de cette analyse cinématique peropératoire et les résultats cliniques et fonctionnels.

MATERIEL : 187 cas d’implantation d’une prothèse totale de genou à plateau mobile avec technique d’implantation naviguée ont été analysés.

METHODES : Le logiciel mesure les mouvements respectifs du fémur et du tibia, et notamment la translation antéropostérieure et la rotation tibiale pendant un mouvement passif de flexion en cours d’intervention. L’enregistrement cinématique était réalisé 1) avant toute geste osseux ou ligamentaire ; 2) après fixation des implants définitifs. Les éléments suivants ont été étudiés de façon quantitative (amplitude maximale) et qualitative (aspect visuel de la courbe) : translation antéropostérieure, rotation interne/externe, laxité antéropostérieure à 30° et 90° de flexion. Les résultats cliniques et fonctionnels ont été étudiés par les scores de la Knee Society à plus d’un an de recul.

RESULTATS : 101 genoux avaient une translation fémorale postérieure en flexion avant et après PTG. 18 avaient une translation paradoxale en flexion avant et après PTG. 51 ont vu leur translation antérieure initiale corrigée par la PTG. 14 ont vu leur translation postérieure initiale transformée en translation antérieure après PTG.

91 genoux avaient une rotation interne tibiale en flexion avant et après PTG. 34 avaient une rotation externe paradoxale avant et après PTG. 50 ont vu leur rotation externe initiale transformée en rotation interne après PTG. 9 ont vu leur rotation interne initiale transformée en rotation externe après PTG.

Il existait une association statistique modérée entre la reconstitution d’une cinématique d’allure physiologique et la qualité des résultats fonctionnels.

DISCUSSION : Il est possible d’enregistrer la cinématique du genou pendant une intervention pour prothèse du genou. Cette technique pourrait permettre au chirurgien d’appréhender les modifications pathologiques liées à la gonarthrose, et de choisir comment les corriger. Elle pourrait également permettre de contrôler la cinématique après implantation et ainsi d’adapter la reconstruction au genou opéré. La valeur pronostique de cette adaptation reste à approfondir.

CONCLUSION : L’enregistrement peropératoire de la cinématique du genou pendant l’implantation d’une prothèse totale de genou permet de préjuger du résultat clinique et fonctionnel.