25 d’imagerie médicale au GECO : et alors ?

JC Dosch

En 1976, sur proposition de mon maître le professeur A Wackenheim, je fais mon entrée au GECO. J’avais pour conférence « Le canal lombaire étroit ». Le terme d’imagerie n’existait pas encore. L’échographie clinique débutait en 1972, le scanner et l’IRM respectivement en 1973 et en 1975. L’appareil locomoteur, parent pauvre de la radiologie, n’avait pas encore accès à ces nouvelles technologies. Pour ma première conférence je n’avais donc le choix qu’entre la radiographie standard et la radiculosaccographie. Deux ans plus tard le groupe m’accordait toute sa confiance en me cooptant comme radiologue permanent du groupe, puis comme membre du bureau. Depuis j’ai alterné, à une année près exposés, conférences et quiz d’enseignement. Les échanges ont été fructueux dans les deux sens. J’offrais au groupe les apports en imagerie, il me rendait sensible à l’évolution des concepts cliniques et des techniques chirurgicales. Et même qu’en 25 ans j’ai eu l’occasion de voir naître et mourir quelque unes d’entre elles ! Pendant cette période les progrès de l’imagerie ont été fulgurants au point que certaines d’entre elles approchent et contestent à la chirurgie le statut de « Gold standard ». L’évolution de la démographie médicale a donné naissance, dans tous les domaines, à l’hyperspécialisation. L’homme est devenu totalement transparent à partir du moment où la résolution spatiale des images rendait l’anatomie accessible jusque dans ces plus profonds détails. Le futur est tout aussi exaltant. Avec la spectrométrie le radiologue caresse le rêve du diagnostic histologique, avec l’élastographie il espère fournir les caractéristiques élastiques des tissus, avec les acquisitions ultra-rapides il explore la quatrième dimension et plus spécialement en ce qui nous concerne celle du mouvement, avec la tractographie par tenseur de diffusion il vous dévoilera les faisceaux anatomiques et fonctionnels. Le besoin de voir n’a jamais été aussi pressant chez le patient en ces temps où la confiance au chirurgien orthopédiste passe de plus en plus par l’image. Puisse le GECO conserver un radiologue référant pour apprécier et faire fructifier ces nouvelles technologies. Un grand merci à vous tous.