Sports de haute montagne après chirurgie du genou

Jean Loup CARTIER 3,5 rue Antonin Coronat 05000 GAP

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La pratique des sports de haute montagne et d’une manière générale la vie en milieu montagnard avec pratique des métiers liés à la montagne expose à des lésions articulaires multiples, particulièrement au niveau du genou qu’elles soient traumatiques ou micro traumatiques ou dégénérative. Les activités récentes telles que free style free ride speed riding toutes activités de glisse avec saut et figures augmente ce risque même si la prévention a permis par ailleurs de réduire les accidents dans la pratique classique. Ces lésions conduisent à une détérioration arthrosique précoce de l’articulation du genou souvent avant la fin de la vie active. De ce fait les personnes concernées par ce type de situation sont très demandeurs d’une prise en charge chirurgicale qui leur permette de reprendre les activités antérieures que ce soit pour des raisons professionnelles ou de mode de vie. Cette population est très représentée dans les Alpes du Sud, région dont l’activité économique repose à 80% sur le tourisme et les activités de montagne.

Le traitement chirurgical des lésions du LCA même si on ne peut pas prouver son intérêt dans le prévention de l’arthrose, parait se justifier totalement dans ce type de population, d’une part pour protéger de l’instabilité qui dans un milieu hostile comme la haute montagne peut avoir de lourdes conséquences, d’autre part pour limiter la survenue de lésions méniscales ou cartilagineuses secondaire dont on sait bien le rôle arthrogène.

Pour ce qui concerne le traitement de l’arthrose l’ostéotomie a une place importante dans la mesure où il existe une déviation axiale manifeste. Elle devra dans tous les cas permettre la pratique du ski et de la haute montagne dans des conditions d’efficacité et de sécurité satisfaisante donc éviter les grandes hypercorrections. Dans cette intervention la navigation présente un intérêt immédiatement perceptible sans alourdir le geste et la durée opératoire

Enfin dans un certain nombre de cas l’indication d’arthroplastie est posée, souvent pour permettre à des retraités de continuer à pratiquer des activités de montagne (qu’ils aient ou non obtenus l’autorisation de le faire), mais aussi chez des patients encore en activité professionnelle et pour qu’ils puissent la poursuivre : guides de haute montagne, accompagnateur moyenne montagne agriculteur de montagne. Dans ces cas là, qui sont de plus en plus fréquents, le cahier des charges de l’implant et de sa mise en place est beaucoup plus exigeant qu’habituellement puisque devant permettre une grande flexion, assurer une parfaite stabilité, redonner une proprioception tout en résistant le plus longtemps possible à l’usure grandement accentuée par l’importance des contraintes que subit l’articulation, même si les patients sont bien avertis des risques encourus. S’il est fréquent dans les refuges de haute montagne de croiser des guides porteurs de prothèse totale de hanche, plus rares sont ceux qui exercent avec une arthroplastie de genou. Aujourd’hui il est possible de reprendre des activités de haute montagne avec une prothèse de genou de pratiquer le ski de montagne l’escalade avec une limitation minime.

L’utilisation de la navigation chirurgicale dont tous les apports ne sont pas encore exploités pourrait permettre de répondre de façon plus satisfaisante à ce cahier des charges non tellement par l’appréciation des axes mais surtout pour l’évaluation de l’équilibrage et de la tension ligamentaire. Le logiciel que nous utilisons permet une évaluation de la laxité ligamentaire initiale, à tous les degrés de flexion (en particulier 30 et 60°, zone dans la quelle le genou reçoit le plus de contrainte dans ces activités) et pas seulement à 0 et 90° comme les tenseurs utilisés avec une instrumentation classique. En fonction des données radiographiques préopératoires, de l’activité du patient il est possible de décider du meilleur compromis entre axe frontal, mobilité et stabilité et de réaliser les coupes adaptées de manière précise.

Il est impossible aujourd’hui d’évaluer statistiquement le bénéfice apporté par l’utilisation de la navigation chirurgicale mais compte tenu de l’enjeu que représente pour un guide par exemple la qualité et la longévité du résultat de la mise en place d’une prothèse de genou il parait intéressant d’approfondir ce domaine, de comparer les données recueilles au cours de l’intervention de façon avec la qualité du résultat fonctionnel sur des critères qui doivent forcément être exigeants. Ceci devrait permettre de mieux comprendre comment poser les prothèses et parallèlement de faire évoluer les implants.