Prothèse totale du genou et activité sportive

Stéphane Plaweski, Clinique Universitaire de Chirurgie Orthopédique et Sportive -CHU de Grenoble Hôpital Sud

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L’American Association of Sports and Medecine (AASM) recommande une activité physique régulière, en particulier, de réaliser trois fois 20 minutes d’activité physique par semaine, afin d’obtenir un réel bénéfice physiologique et psychologique. Il s’agit donc d’un sujet d’actualité, d’autant que l’espérance de vie augmente régulièrement, que le troisième âge est considéré comme un nouveau départ pour les jeunes retraités et que l’activité sportive est au quotidien pour de nombreuses sociétés occidentales.

Les activités de glisse, le ski en tête, sont grandes pourvoyeuses d’entorses graves du genou avec rupture du LCA dont on connaît parfaitement l’histoire naturelle avec 100 % d’arthrose dans les 10 ans suivant la rupture. Cette activité concerne plus de 2 millions de pratiquants et l’incidence de rupture du LCA est loin d’être négligeable, entraînant environ 40 000 réparations par an et autant de lésions méniscales ou cartilagineuses. Ruptures du LCA et arthrose sont donc étroitement liées et il n’est plus rare de voir des « grands sportifs » de la quarantaine consulter avec une gonarthrose extrêmement évoluée et des clichés radiographiques que l’on voyait autrefois chez des sujets âgés.

Les exigences sont donc nouvelles et ont dépassé le stade d’une demande de correction d’une déformation ou d’une raideur avec impotence fonctionnelle douloureuse, pour exiger la possibilité d’une reprise d’activité sportive et professionnelle dans des conditions normales.

On assiste également à une augmentation importante du nombre de poses de prothèses totales du genou par an, dépassant 50 000 cas. L’âge moyen des sujets bénéficiant de ces PTG est également en baisse avec une fréquence deux pois plus importante chez la femme que chez l’homme.

Peu d’études concernent les activités sportives compatibles avec une arthroplastie du genou. Celles-ci concluent toutes en la reprise d’activités sédentaires de façon facile et s’il s’agit d’un sportif plus exigeant, la reprise d’activité de glisse est en général tolérée si elle n’est pas déconseillée. Les études biomécaniques de Kuster déterminent des pics de contraintes s’exerçant sur les surfaces articulaires recommandant ou autorisant des sports du type : vélo, golf, natation, marche, équitation ; aucune étude ne permet de conclure sur la reprise d’activités « à risque » de type ski alpin ou ski nordique.

Notre expérience actuelle de ces arthroplasties chez les « anciens jeunes et bons skieurs » nous autorise à penser que cette reprise de la pratique du ski alpin peut être autorisée sous réserve d’un bon niveau de pratique antérieur et à l’exclusion de toute velléité de progression ou de reprise compétitive.