Douleurs après pose de prothèse discale cervicale

P. Kehr – Strasbourg

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Pourquoi pose-t-on une prothèse discale cervicale (PDC) ? Avant tout pour conserver le segment mobile intervertébral et pour préserver les niveaux adjacents d’une discarthrose dégénérative secondaire, mais peut être également pour suivre une mode ou sur demande expresse d’un patient qui se veut informé des progrès ?

Sur plus de mille patients opérés du rachis cervical entre 1962 et 2003, seulement un peu plus de cinquante ont bénéficié d’une prothèse discale !

Après un bref rappel de notre passé chirurgical cervical et en particulier de notre cage-plaque, qui nous avait donné toute satisfaction, nous décrivons la prothèse discale cervicale de Bryan, que nous avons posé chez 56 patients, dont 14 en Loi Huriet. C’était l’une des premières PDC diffusée en 2000 et nous avons fait partie d’une étude multicentrique. Bien qu’il existât actuellement des PDC plus simples à poser, nous pensons que notre expérience est valable pour toutes les PDC.

La pose de la PDC de Bryan est faite d’une série d’étapes sécurisantes, mais qui peuvent rebuter au début car chronophages et une courbe d’apprentissage est indispensable. Assisté au début par un instrumentiste expérimenté envoyé par le concepteur, le temps de pose a passé de 4 heures à moins de 2 heures après une dizaine de poses.

Les douleurs après pose de PDC sont parfois évidentes : mauvaise pose, apparition d’ossifications secondaires ou complications opératoires précoces. Nous montrons quelques bons résultats (la majorité) qui se subdivisent en bons résultats cliniques et radiologiques d’une part et en bons résultats cliniques malgré des radiographies moins satisfaisantes. La combinaison arthrodèse et PDC constitue pour nous une bonne prévention de certaines complications, en particulier en cas de discarthrose étagée.

Les douleurs inexpliquées ou non immédiatement évidentes avec une PDC bien posée peuvent être d’origine articulaire facettaire ou musculaire. Il faut vérifier l’intégrité ou le peu d’atteinte des articulations facettaires postérieures par des clichés dynamiques pré-opératoires. Il faut expliquer au patient que des douleurs musculaires peuvent exister au début de la récupération d’une mobilité jusque la limitée par la raideur arthrosique ou la contracture réflexe. Ces douleurs peuvent aussi être dues au développement précoce d’une discopathie adjacente, d’où la nécessité d’une imagerie pré-opératoire précise.

Enfin il peut y avoir des douleurs de cause générale, psychologique ou sinistrosique, d’où la nécessité d’une bonne sélection des patients. En principe les antécédents traumatiques contre-indiquent la pose d’une PDC.