Les nouveaux substituts osseux phosphocalciques injectables : pratique clinique

Claude SCHWARTZ, Service de Chirurgie Orthopédique et de Traumatologique, CHU COLMAR

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L’apparition à la fin des années 90 de nouveaux substituts de l’os, facilement maniables et injectables a profondément modifié notre pratique chirurgicale dans la gestion des pertes de substances osseuses.

Tant les ciments phosphocalciques que les hydrogels de nano particules de phosphate de calcium ont rapidement trouvé leur place dans notre pratique quotidienne ; leurs indications s’affinent au fil du temps car si les deux catégories de produits sont parfois interchangeables ils ont en fait le plus souvent des indications bien précises.

>I/ les ciments phosphocalciques

La préparation du ciment est extemporanée grandement facilitée par un conditionnement en seringue prête à l’usage et se fait en 2 minutes ; le chirurgien a ensuite 2 minutes pour l’injection dans le site qu’il aura préparé.

Les indications privilégiées sont les pertes de substance traumatiques par compaction du spongieux où un apport mécanique du substitut est souhaitée ; nous l’avons régulièrement utilisé dans les fractures du poignet que celles des plateaux tibiaux, du calcaneus, du fémur et de l’humérus proximal notamment. L’utilisation dans certaines fractures du rachis connaît une expansion rapide.

Leur utilisation en orthopédie est encore plus restreinte mais est appelée à s’étendre au vu des résultats obtenus en chirurgie de reprises de prothèses et dans les ostéotomies.

II/ les gels de nanoparticules d’hydroxypapatite

Les derniers arrivés et non les moins actifs des substituts phosphocalciques sont prêts à l’emploi, livrés stériles en seringue de quelques cm3 de produit immédiatement utilisables.

Ils trouvent une indication privilégiée dans le remplissage des pertes de substances ne nécessitant aucun soutien mécanique ou ayant déjà bénéficié lors de l’acte chirurgical en cours d’une ostéosynthèse stable.

Ils sont sans égal dans le traitement par voie percutanée de certaines tumeurs osseuses bénignes grâce à leur injectabilité et leur bioactivité.

Leur utilisation dans les ostéotomies d’ouverture est devenue notre technique de référence car d’utilisation plus simple et rapide que celle des céramiques, avec probablement aussi une consolidation plus rapide.

Enfin leur facilité d’emploi et leur intérêt biologique nous les ont fait utiliser de plus en plus dans les reprises d’arthroplasties de hanche et de genou.

En conclusion nous disposons là d’alternatives, sans iatrogénie propre, à la plupart des auto- et allogreffes, voire, grâce à leur facilité d’utilisation et leur biocativité, aux céramiques dans certaines indications.