Les Normes de Publication Scientifique en 2O1O : Ecrire et lire l’orthopédie dans le langage des revues contemporaines

Marius M. SCARLAT 1, Pierre KEHR 2

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Ce texte correspond à la conférence N° 15 faite par le Dr Marius Scarlat. Nous avons décidé de le placer en tête du livre des abstracts en raison de son intérêt général et pour d’emblée sensibiliser les participants à l’importance de la bonne pratique éditoriale.

Mots clés : Publication, Chirurgie, Orthopédie, Impact Factor, ISI, WAME, PubMed, Statistiques, Notoriété, Epidémiologie, Vérité Scientifique, Ethique Médicale, Niveau d’évidence clinique, Analyse, Méta-analyse

Durant les vingt-cinq dernières années nous avons participé activement au processus de publication, d’abord en tant qu’étudiants, ensuite comme auteurs, reviewers et responsables d’une spécialité, enfin comme Editeurs et Rédacteurs en devenant propriétaires de ce mélange de moyens d’expression propres à notre métier que sont la plume et le bistouri…Cela nous a permis de comprendre une partie de l’algorithme complexe qu’est la publication scientifique internationale et nous pensons qu’une mise au point permanente dans ce domaine est nécessaire pour chacun d’entre nous, car les normes sont peut-être changeantes, mais la vérité scientifique reste notre objectif immuable. Nous pensons qu’à n’importe quel niveau, il serait souhaitable de garder l’envie de publier, de communiquer et de partager les informations scientifiques pour faire progresser notre communauté médicale et le savoir. Chaque publication représente aussi un teste d’entraînement pour notre cerveau qui doit garder son caractère jeune et estudiantin ; une fois sortis des portes de l’Université, garder un esprit académique permet de garder la forme…

Nous avons un droit de signature et une propriété intellectuelle sur chaque intervention réalisée et sur chaque travail publié. Il est bien évident qu’une « petite » publication orthopédique dans un journal local ou à la société départementale de médecine et chirurgie ne fait pas avancer le génie humain à la même proportion que l’article de Watson et Crick sur la structure de l’ADN ou la publication de Luc Montagnier sur le virus du SIDA. Les trois publications pourtant sont vraies et reflètent le point de vue des auteurs, les trois apportent des résultats reproductibles que l’on peut vérifier, seulement deux sont amplifiées en « cascade » par la presse scientifique et généraliste, la troisième tombe dans le panier de l’oubli quelques semaines après. Faut-il attendre toute sa vie un « grand sujet » et agir uniquement quand celui-ci est en vue, ou bien continuer à publier régulièrement dans la Revue Départementale pour garder la forme olympique de son cerveau à des nombreuses années après la sortie de l’école?

Dans les pays du Nord de l’Europe (Allemagne, Pays-Bas, Scandinavie) il existe des collectifs de travail au sein des Départements Universitaires d’Orthopédie et la plupart des écrivains médicaux sont entraînés et formés par des doctorants qui ont travaillé ou fait des projets de thèse en Amérique du Nord, aidés par des épidémiologistes prêtés dans les Services de Médecine Publique et enfin épaulés par des secrétaires avec une solide formation informatique et infographique, maîtrisant de préférence l’anglais littéraire et idéalement l’anglais littéraire médical. Il n’y a pas de formation d’écrivain scientifique pour chirurgiens en France, ni d’ailleurs non plus dans les pays du sud de l’Europe. Il était considéré « de facto » qu’un chirurgien est censé opérer, de préférence bien et suivre ses patients jusqu’à la guérison. Il n’y avait pas d’obligation littéraire par rapport au dossier médical, autre que celle de remplir le compte-rendu descriptif de l’intervention. J’ai rencontré des collègues qui regardent encore de nos jours la littérature scientifique et la création originale comme une perte de temps ou une tache rédhibitoire. Ils ont oublié que leur formation même a été possible grâce à tous ces écrivains qui ont produit les revues, livres et manuels qui ont parfait leur devenir professionnel…

Dans le système de formation, en fin d’Internat un travail de thèse permet de réaliser une publication originale. La formule du DEA ou des DU spécialisés se concrétisent par la réalisation d’un travail, soit expérimental, soit d’analyse clinique ou littéraire. Dans les deux cas cette formule est très enrichissante sur le plan de la formation mais en finalité peu de ces travaux sont publiés au niveau international. Les Editeurs appellent ces publications « grey papers » pour souligner l’aspect informel du résultat et la méconnaissance des publications réalisés à ce niveau. Le volume de littérature « grise » est impressionnant et comporte en dehors des textes cités les rapports des conférences et symposia, les études commandés par des institutions, récemment les pages web personnelles et en général toute production qui n’est pas sous le contrôle des éditions commerciales qui prennent possession du droit de l’auteur. Pour des raisons d’impact et de notoriété il est souhaitable de transformer une publication « grise » en publication « blanche » au prix d’un travail de mise en forme et de conformité qui est demandé par les Journaux Scientifiques. Cette démarche garantit une augmentation de la notoriété de l’idée originale et une valorisation implicite de l’auteur. Les bases de données vont répertorier et inclure les résumés et le texte complet de la communication « blanche » dans des moteurs accélérateurs comme Medline (une base de données de la Bibliothèque Nationale de Médecine de Washington, DC), Index Medicus (Philadelphie, PA) ou Excerpta Medica (US), Pascal (CNRS-Paris), Academic OneFile, Academic Search, Current Abstracts, EMBASE, EMCare, Gale, Google Scholar, INPHARMA, Journal Citation Reports/Science Edition, OCLC, Science Citation Index Expanded (SciSearch), SCOPUS, Summon by Serial Solutions, TOC Premier. Tous ces moteurs de recherche prennent en compte uniquement les publications « blanches ». Cependant, depuis quelques années, l’Académie de Médecine de New-York a mis en marche un système de répertoire pour les publications médicales « grises » et un chirurgien de l’arrière-pays varois, pour donner un exemple, peut retrouver avec surprise son nom dans la liste des auteurs répertoriés par cette fameuse institution nord-américaine. Cela ne veut pas dire pour autant que les scientifiques se sont penchés amplement sur le travail de notre collègue brignolais ou dracénois, le recueil des données est fait par l’informatique, d’une manière complètement automatisée, le but du travail étant d’inclure la totalité des publications dans une colossale base de données utilisée à des fins statistiques.

Il est important de noter que la publication d’un travail sous forme de livre, chapitre de manuel scolaire, chapitre dans les Anales des Sociétés savantes donnent de d’impact et notoriété personnelle mais que ces formes d’expression ne sont pas répertoriés par les moteurs de recherche scientifique, par conséquent, l’impact des dites publications sur le savoir domainial reste limité. Ici encore le recueil informatique jour un rôle important, de nos jours il est pratiquement sur qu’un exemplaire de n’importe quel ouvrage qui a un numéro ISBN est répertorié par la Bibliothèque du Congrès (Washington, DC, US) et pour les publications médicales qui ont un numéro DOI par la NLM (National Library of Medicine), situé dans la même ville. Cette dernière institution est propriétaire de PubMed et de Medline qui sont des noms déposés pour les bases de données de très gros volume. On est étonnes de trouver dans ces base de donnés des ouvrages publiés à Sumatra, en Mongolie intérieure, en Groenland ou dans le Journal Niçois de rhumatologie, avant même que le format papier soit disponible en librairies.

Ce travail a comme but de familiariser le jeune écrivain orthopédiste en quête de notoriété avec les normes austères, neutres et rigides du formatage d’un travail scientifique afin de le voir éventuellement accepté dans une publication convenable qui va probablement valoriser le contenu du travail par le prestige même du Journal et surtout par le public des lecteurs avisés et spécialisés.

Voici selon les normes récentes comment on peut qualifier les articles de recherche clinique. Ces normes de qualité définissent selon la WAME (World Association of Medical Editors) la pertinence et la valeur d’une étude contemporaine. On va commencer par leur présentation pour continuer avec le détail qui permettra aux collègues de se mettre en conformité avec ces normes en vue des prochaines publications de notoriété maximale ! Ces normes ont été proposées à partir de 2OO2 pas les épidemiologistes des écoles de santé publique de Toronto (ON, Canada), Harvard (MA, USA) et John Hopkins (Baltimore, USA), sous la forme des principes de publication de David Sacket et introduites au niveau des publications orthopédiques par les Docteurs Mohit Bhandari (Hamilton, ON, Canada), Marc Swiontkowski (St Paul, Minneapolis, Minesotta, USA) , Milos Jenicek, (Mc Master Univ. ON, Canada). Actuellement une grande partie des publications référencées (comme le Journal of Bone and Joint Surgery (Am), The Journal of Orthopaedic Trauma, The Journal of Shoudler and Elbow Surgery et récemment the Europeean Journal of Orthopaedic Surgery and Traumatology (EJOST) ont adopté cette classification qui est devenue obligatoire avec la proposition de chaque nouveau travail pour publication.

On va analyser lors de cette présentation les items suivants :

La description sommaire des niveaux d’évidence clinique (Levels of Evidence)

Voici comment les niveaux d’évidence clinique peuvent être saisis d’une manière simplifiée tout au long de la préparation de la future publication :

A/ La préparation du Travail

Choisir bien le sujet et le type de travail :

Il arrive qu’un chirurgien retrouve dans ses cas cliniques un sujet insuffisamment connu au niveau international et qu’il souhaite le publier. Ce type de travail est une présentation de cas (level 5)

Il arrive que dans un centre d’excellence habitué a prendre en charge des pathologies spécifiques (pied, main, épaule, genou, hanche, arthroscopie, rachis, médecine du sport, etc. ) un chirurgien constate que depuis quelques années il a recueilli une série impressionnante de cas avec une technique bien spécifique et qu’il souhaite en faire part aux collègues. La présentation résultante sera une étude clinique rétrospective car elle n’est pas systématisée et part d’une opinion d’expert qui souhaite revoir ses dossiers ou patients. (Level 4 study)

Dans le même centre, depuis quelques années, le même chirurgien a saisi que ses dossiers apportent une nouveauté et décide de répertorier et suivre les patients avant la prise en charge, pendant et après l’intervention, avec un suivi clinique et d’imagerie de minimum deux ans. Dans ce cas il s’agit d’une étude clinique prospective. La valeur de son travail est plus importante si l’examinateur est une tierce personne, par exemple son assistant ou son jeune associé. Cette différence entre l’examinateur et l’opérateur, qui est considéré comme étant subjectif, fait la différence entre les séries rétrospectives de niveau 3 A et B (Level 3, A et B)

Enfin, au niveau du centre en question on réfléchit longuement sur l’utilité ou non du resurfaçage rotulien dans l’arthroplastie du genou (par exemple). Une partie des chirurgiens sont pour, une autre y est opposée. Lors d’une réunion de préparation il est décidé de réaliser, entre les mains du même opérateur ou de la même équipe, utilisant les même protocoles de traitement, etc, DEUX séries comparatives en prospectif. Les patients sont choisis d’une manière aléatoire, par tirage au sort le jour de l’intervention, les deux séries ont des volumes comparables et les patients sont informés de la mise en place de cette étude. Parfois ils sont rémunérés. Ils signent un protocole spécifique de consentement avec l’avis de la commission d’étique médicale de l’établissement ou du Département. Les résultats sont évalués par des experts indépendants. Il y a un recul clinique avec un suivi de minimum 2 ans. Et il y a moins de 15% de malades perdus de vue. Si le volume de cette double série randomisée en double aveugle dépasse 8O cas pour chaque groupe, les conclusion de cette étude font référence comme une étude de niveau I (level I study)

Le niveau II demande les mêmes conditions de travail avec moins de 8O malades/série ou avec + de 15% perdus de vue.

Tout chirurgien avec une importante expérience clinique peut écrire son opinion et donner des impressionnants exemples de sa prodigieuse carrière. Cela étant, son travail qui peut faire l’objet d’une publication de grande notoriété reste un Level 5 study (expert opinion). Ils sont restés notoires les publications de nos ancêtres des années 197O’ qui marquaient noir sur blanc que l’arthroscopie est une méthode d’exploration certes intéressante mais que la seule la chirurgie à ciel ouvert peut résoudre les pathologies méniscales ou ligamentaires et que « au lieu de faire deux ou trois petites incisions pour réaliser l’arthroscopie on peut faire une bonne et unique incision et réaliser la chirurgie à ciel ouvert »… Il en est de même pour l’histoire de traitements à ciel ouvert des ostéomyélites suppurées chez l’enfant avant l’apparition des antibiotiques ou même encore plus récemment, l’histoire de l’arthroplastie inversée de l’épaule qui fut longtemps refusée par les publications « sérieuses » en raison de la présence des « experts » qui avaient une opinion contraire et qui étaient en charge des dites publications.

Les publications de recherche statistique sont devenues très valorisantes ces derniers deux décennies. Le « must » ou le « summum » de la publication est la méta-analyse (Level I A). Ce travail est réalisé en général par des statisticiens épidemiologistes. Parfois le travail est dirigé ou commandé par un Département Orthopédique dans le but de marquer la validité d’une technique préférée ou d’une classification originale. L’objectif précis d’un tel travail est de comparer des traitements ou des certaines techniques. Il est considérée que dans les suites d’un Level I A study les conclusions sont vraies et qu’elles peuvent être appliquées en pratique clinique immédiatement ! Pour que les résultats d’une « Level I study » soient acceptés et valables il est obligatoire que

Pour écrire des méta-analyses il est essentiel que le sujet soit assez vaste en volume et en nombre de cas pour pouvoir en retenir des conclusions pertinentes. Il est habituel de voir des méta-analyses sur la base de plus de trois-quatre études de même type, ce qui n’est pas évident à colliger. Une très bonne méta-analyse comme celles qu’on peut lire dans les journaux de cardiologie ou de médecine interne comportent habituellement une bonne dizaine d’études de qualité comparable…

B/ La recherche bibliographique et d’antériorité

Tout écrivain médical commence son travail scientifique avec une lecture des publications antérieures. Le recueil des travaux publiés dans le domaine est un prérequis pour tout nouveau démarrage de travail. Il est souhaitable de garder un fichier pdf et d’imprimer un exemplaire de chaque référence intéressante et qui sera cité afin de pouvoir s’en servir comme base de construction pour la future publication.

Il existe trois types de références acceptés par les Editeurs :

On va analyser chaque source brièvement

Il est important de savoir que PubMed et Medline proposent les articles parus dans les périodiques (Journaux scientifiques, Revues, Annales ainsi que dans leurs respectifs suppléments). La consultation des résumés en ligne est gratuite, le téléchargement des articles « in extenso » est payant et relativement cher (entre 8 et 32€ par article). Depuis quelques années des Editeurs Associés dans des groupes de presse médicale offrent leur propre base de donnés, c’est la cas de Springer (Springelink), Wolters Kluivert, Elsevier (Ovid, Scopus), qui concurrencent Medline et qui offrent des abonnements institutionnels accessibles aux étudiants au titre gratuit sur la base de la taxe de scolarité ou bien aux membres des sociétés académiques sur la base de la cotisation annuelle. Un abonnement à titre individuel est offert a des prix prohibitifs qui coupent en général l’élan des jeunes écrivains, les tarifs annuels variant entre 5 et 25 mille € en fonction des options choisies. Pour ce qui concerne la documentation orthopédique, il faut saluer l’effort de notre Académie d’Orthopédie qui offre un accès aux trois portails de recherche sur la base de la cotisation annuelle. Ces trois portails sont Springerlink, Science Direct et Ovid.

Les monographies et les périodiques disponibles par ce portail sont :

* BASE SPRINGERLINK (Springer Verlag)

Livres : L’ensemble des publications GECO et Monographies SPRINGER (Environ 1500 références)

Périodiques :

Clinical Orthopaedics and Related Research

The Journal of Orthopaedic Science (Tokio) International Orthopaedics

The European Journal Of Orthopaedic Surgery and Traumatology (EJOST)

** BASE OVID (Wolters Kluivert)

Livres :
Adult and Pediatric Spine
Chapman's Orthopaedic Surgery
Master Techniques in Orthopaedic Surgery
Fractures, Master Techniques in Orthopaedic Surgery
The Elbow (Moorey and Sanchez Sotello)
Rockwood & Green's Fractures in Adults
Rockwood & Wilkins' Fractures in Children
Surgical Exposures in Orthopaedics:
The Anatomic Approach
The Adult Hip
The Lumbar Spine

Périodiques :
American Journal of Sports Medicine
British Journal of Sports Medicine
Current Orthopaedic Practice
The Journal of Bone & Joint Surgery (US Edition)
The Journal of Bone & Joint Surgery (UK Edition)
The Journal of Foot & Ankle Surgery
The Journal of Orthopaedic Trauma The Journal of Pediatric Orthopaedics Part A et B
Journal of Spinal Disorders Techniques
Neurosurgery
Orthopaedic Nursing
Sports Medicine & Arthroscopy Review
Spine
Techniques in Orthpaedics
Techniques in Shoulder & Elbow Surgery
Techniques in Foot & Ankle Surgery
Techniques in Knee Surgery
Techniques in Hand & Upper Extremity Surgery
Orthpaedics et The Journal of Knew surgery : archives uniquement

*** Un autre portail offrant des textes « in extenso » est Science Direct appartenant à Elsevier B.V. Les périodiques disponibles sont :

Pour les livres, monographies et textes qui ne sont pas répertoriés par Medline il est souhaitable de faire appel à la base de NLM (National Library of Medecine) qui donne le nom des auteurs, les références des Editeurs et parfois les titres des chapitres. Pour avoir le texte complet il est souhaitable soit d’acheter l’ouvrage en totalité, soit faire appel au nouvel arrivé sur ce marché de propriété scientifique qui est Google Scholar.

Pour les thèses, mémoires et feuillets/pamphlets d’information ainsi que pour les résumés des travaux il est souhaitable de faire une recherche auprès de la Bibliothèque de l’Université à l’origine de ce travail et qui permet parfois le téléchargement complet du texte. Dans le cas contraire une demande écrite au Directeur de la Bibliothèque ou directement à l’auteur peut régler rapidement ce besoin d’information.

Les communications en congrès, conférences, etc. sont accessibles par leur résumés qui sont disponible en général « on line ». Depuis 1993 les coordonnées des auteurs y compris adresses de mail y figurent de manière systématique. Dans ce cas il est relativement facile d’adresser une demande par courrier électronique et recevoir directement de l’auteur le document souhaité.

C/ Le corps du texte

Une fois la bibliographie recueillie l’auteur passe à un point plus sensible qui est le contenu proprement dit de son travail. Ce point concerne la présentation du nouveau concept, idée, série, avec l’objectif de l’étude, les méthodes proposées et utilisées pour trouver les résultats. Ici encore la vieille formule mnémotechnique IMRAD est de base. I pour Introduction, M pour Matériel et Méthode, R pour Résultats, A pour Analyse statistique ou bibliographique en fonction du contenu, enfin D pour Discussions et conclusions.

Dès le départ il est important de définir précisément le type de travail qui est proposé à la publication. Les Editeurs n’aiment pas les formes hétérogènes ou trop généralistes, sauf pour le cas précis des « review articles ou les notes de technique» qui colligent une base de données de la littérature et qui arrivent parfois à bien mélanger les indications avec la réalisation technique et les résultats parfois contradictoires publiés antérieurement. En général ce type de produit est généré par la demande des Editeurs à des autorités compétentes dans la matière pour réaliser des mises à jour dans un domaine en évolution et qui ne sont pas considérés comme des articles originaux.

Les articles originaux peuvent se classifier ainsi :

Suite aux remarques et recommandations issues des réunions de consensus imposés par les épidémiologistes, il résulte un grand sujet de débat, qui reste d’ailleurs ouvert. Il est arrivé paradoxalement que les articles de chirurgie soient produits par les chirurgiens mais que leur conformité et rigueur scientifique soient évaluées par des experts non-chirurgiens. Le non-respect de la méthodologie scientifique entraîne alors le blocage de l’article et le refus de publication. Quelle est la place des épidémiologistes dans le développement du savoir orthopédique (ou radiologique, endocrinologique, biochimique, etc. ?). Et pourquoi sommes-nous obligés de suivre ces recommandations venues d’une planète mathématique qui apparemment n’a rien à voir avec la fracture comminutive du fémur ou avec la rupture du triceps ? Est-il obligatoire de suivre toutes les normes de publication ou bien y-a-t-il des normes plus laxes ou des situations marquées par une tolérance accrue ?

Pour répondre à cette question il est CAPITAL de choisir la bonne revue pour le bon article. Il est bien clair qu’un travail sur la tolérance du fraisage cartilagineux chez le rat a une meilleure opportunité d’apparition dans une revue de science biologique, même si les tissus décrits peuvent intéresser certains orthopédistes. Il est également souhaitable qu’un cas de lésion oculaire irréversible secondaire à une implantation d’une prothèse de genou soit communiqué à la revue ophtalmologique, car cette occurrence accidentelle est soignée par nos collègues.

La qualité de l’étude clinique est actuellement un sujet de grand débat. Il est concevable que la médecine basée sur les actes d’évidence clinique est tout à fait le standard de notre métier, art et passion. Nous soignons des patients avec comme but précis et déclaré l’amélioration significative de leur qualité de vie et de leur fonction motrice.

Depuis plus de vingt ans déjà les Editeurs des publications scientifiques, surtout anglophones, se sont penchés sur la question de la notoriété et de la qualité de la publication scientifique. Les normes ont changé substantiellement depuis l’apparition des codes et obligations éditoriales. Voici quelques exemples des normes introduites les vingt dernières années et que l’on doit respecter :

L’analyse des productions littéraires scientifiques est faite au sein de chaque revue par un système dit de « peer review ». C’est quoi un « peer », ou un pair en bon français ? Le dictionnaire britannique dit « one of the same rank and age », autrement dit quelqu’un du même niveau et âge ; on s’est pris la liberté de prendre en calcul l’âge d’instruction et pas l’âge civil. Il appartient à l’Editeur de choisir les « pairs » pour l’analyse d’un certain travail, il est ainsi sous-entendu qu’un travail sur les fractures de l’humérus proximal soit adressé pour évaluation aux collègues experts dans la matière et pas à un spécialiste de la statistique ou à un spécialiste dans la chirurgie du pied.

D/ Les Résultats

La partie la plus importante du travail. Celle-ci fait référence aux faits et éléments retrouvés lors de la recherche et se résume a une présentation neutre, numérique, sans arguments d’ordre qualitatif. Une grande importance est donnée à la présentation des graphiques et tableaux qui synthétisent l’ensemble des faits. La manière de présenter les résultats signe en général la qualité de l’étude.

E/ La Discussion

Dans les études concernant la technique de l’analyse littéraire il apparaît que les sujets les plus fréquemment demandés pour discussion sont :

F/ Les Conclusions

La partie où la plume devient libre, permettant à l’auteur de mettre en évidence ce qu’il considère novateur et différent dans son travail par rapport aux publications antérieures. Cette parte doit être brève et doit en principe annoncer la valeur de l’étude, bien entendu selon l’avis des auteurs. Elle devrait aussi inviter à débat et à laisser la porte ouverte aux opinions à venir.

Pour plus d’informations concernant ces sujets d’actualité ou pour polémiquer nous vous invitons chaleureusement a nous faire part de vos observations et remarques.

Annexe 1

Suivi d’un projet de publication

Auteurs (1/2/3…)
Discussion en collectif (Idée, bonne, non, hypothèse de travail…)
Recherche littéraire (Background reading)
Recherche sur Internet Recherche bibliographique sur PubMed/Medline)
Retrouver les sources d’idées littéraires (auteurs majeurs, etc.)
Correspondance avec des experts en domaine
Préparer un schéma de développement (outline)
Faire le recueil des données (dossiers, voir patients, faire mensurations, etc.)
Lire les Résultats de la recherche primaire
Ecrire le texte en format natif
Ecrire les tableaux et les légendes
Choisir et vérifier les photos, écrire les légendes
Editer le matériel sur papier
Editer le matériel en format informatique
Lire le résultat
Evaluer le rendu, écrire les conclusions, discussions et commentaires
Préparer le tout pour une évaluation dans une revue ou livre
Choisir le Journal adapté pour cette publication

Bibliographie sélective :
1. Brand RA. Writing for Clinical Orthopaedics and Related Research. Clin Orthop Relat Res 2003 (413):1-7.
2. Brand RA. Writing for clinical orthopaedics and related research. Clin Orthop Relat Res 2008; 466 (1):239-47.
3. Guryel E, Durrant AW, Alakeson R, Ricketts DM. From presentation to publication: the natural history of orthopaedic abstracts in the United Kingdom. Postgrad Med J 2006; 82 (963):70-2.
4. Jacobs LG, Pringle MA. Referral letters and replies from orthopaedic departments: opportunities missed. Bmj 1990; 301 (6750):470-3.
5. Rymaszewski LA, Sharma S, McGill PE, Murdoch A, Freeman S, Loh T. A team approach to musculo-skeletal disorders. Ann R Coll Surg Engl 2005; 87(3):174-80.
6. Wright RW, Brand RA, Dunn W, Spindler KP. How to write a systematic review. Clin Orthop Relat Res 2007; 455:23-9.
7. M. Jenicek, How to read, understand, and write ‘Discussion’ sections in medical articles. An exercise in critical thinking Med Sci Monit, 2006; 12 (6): SR28-36)

1 Chirurgien Orthopédiste
Rédacteur en chef adjoint de EJOST (The European Journal of Orthopaedic Surgery and Traumatology) -
Springer Verlag, PARIS, HEIDELBERG, U.E.
Clinique Chirurgicale St Michel
Avenue d’Orient, 831OO – TOULON
Tel RV : O4 98 OO 18 54
www.docvadis.fr/mscarlat/
mail : mscarlat@wanadoo.fr

2 Rédacteur en chef de EJOST (The European Journal of Orthopaedic Surgery and Traumatology)
Springer Verlag, PARIS, HEIDELBERG, U.E. -
Organe officiel du GECO
Président du groupe d’Etude pour la Chirurgie Osseuse (GECO)
Professeur Honoraire d’Orthopédie Traumatologie à la Faculté de Médecine de Strasbourg
25, rue Schweighaeuser – 67000 STRASBOURG
Tél. : + 33 685 35 60 96
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