Le coude du sportif hors épicondylalgies

Dr Jacques-Emmanuel AYEL, Clinique des Cèdres, CORNEBARRIEU.

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De part sa position, son anatomie et sa biomécanique, le coude est un élément important du membre supérieur de l’athlète. En fonction des sports, il doit transmettre à la main, force et vitesse, tout en assurant stabilité et mobilité. Les pathologies sportives au coude sont soit macrotraumatiques (fracture, luxation, entorse), soit microtraumatiques, ces dernières pouvant faire le lit des premières, et vice-versa.

La pathologie microtraumatique du coude est maintenant bien connue, le modèle classique étant le coude du pitcher au base-ball, dont les contraintes lors du lancer, stéréotypées et répétées se réalisent en valgus, pronation puis en hyperextension. Ceci aboutit à une atteinte progressive ligamentaire et ostéochondrale, avec distraction médiale, compression latérale et conflit postérieur. L’évolution en est la production de corps étrangers intraarticulaires et une ostéophytose (Medial Stress Syndrom). Le geste et la performance sportive en seront affectés, avec douleur, instabilité, voire blocage. Le traitement restera conservateur dans un premier temps, avec repos sportif, analyse et correction éventuelle du geste, et rééducation, puis chirurgical si échec. La lésion initiale se développe au niveau du ligament collatéral médial et notamment son faisceau antérieur. Sa distension et son incompétence vont déstabiliser le coude et augmenter les contraintes latérales, mais également sur le nerf ulnaire. De description plus récente et moins fréquente, l’instabilité postérolatérale est liée, du fait de la pronation associée à l’atteinte du faisceau ulnaire du ligament collatéral latéral, avec instabilité rotatoire de la tête radiale. Le traitement reste équivalent quelque soit le compartiment lésé, d’abord conservateur, puis si échec, chirurgical avec recours aux retensions ligamentaires et surtout ligamentoplasties, chez des patients motivés. L’atteinte ostéochondrale est également de deux types. La compression latérale est responsable d’ostéochondrite disséquante le plus souvent du capitellum, notamment chez l’enfant. En cas d’échec du traitement conservateur, la chirurgie consistera à réséquer le fragment ostéochondral éventuellement libéré, obtenir une revascularisation locale, voire réaliser une greffe ostéochondrale. L’hyperextension et le valgus vont quant à eux être responsables du conflit postérieur de surcharge entre l’olécrane et la fossette olécranienne, dont le traitement peut être chirurgical avec exérèse des ostéophytes et débridement postérieur.

A part, la pathologie tendineuse, en dehors des épicondylalgies est plus rare au coude, cependant au contexte microtraumatique peut s’ajouter le macrotraumatisme avec rupture distale du biceps ou du triceps. Ces lésions rares favorisées par une vascularisation distale précaire, le dopage et le tabac, parfois de diagnostic difficile sont des urgences chirurgicales, afin de réaliser quelque soit la technique une réinsertion anatomique, garante d’un résultat fonctionnel satisfaisant, même si le risque iatrogène n’est pas nul. En effet, rapidement les rétractions musculaire et tendineuse font que la réinsertion anatomique devient illusoire au-delà de 3 semaines, et des traitements palliatifs par transfert ou greffe doivent alors être envisagés, avec des résultats moins bons, parfois plus aléatoires, et grevant le résultat fonctionnel et la reprise d’activités sportives.