Actualités en chirurgie militaire

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Gunepin F-Xavier, Brest

Bien que Colbert ait créé le corps des chirurgiens de marine en1681, le service de Santé des Armées (SSA) n’a vu le jour, par la volonté de Louis XIV, que le 17 janvier 1701. Cependant le concept de chirurgie militaire est souvent attaché, non sans raison, à Ambroise PARÉ dont l’ouvrage sur la « Méthode de traiter les plaies faites par les arquebuses et autres bastons à feu », jette déjà des bases thérapeutiques qui restent d’actualité.

Les guerres ont souvent mis à contribution le génie humain que stigmatise la compétition entre le glaive et la cuirasse. Parallèlement à cette course, entre l’augmentation du pouvoir vulnérant des armes et la protection des combattants, les sciences et techniques ont également profitées aux chirurgiens.

Tout en restant fidèle à ses traditions, le SSA a du s’adapter et se moderniser. C’est ce que nous allons voir à travers ces quelques présentations.

La mission prioritaire du service de santé est le soutien médico-chirurgical des forces, bien sûr en métropole mais surtout lors des missions extérieures. Pour ce faire, il est constitué de 16000 personnels avec 2100 médecins dont une centaine de chirurgiens. C’est sur ce rôle spécifique de chirurgie en mission que l’auteur vous propose de vous attarder.

Stratégie chirurgicale et blessés de guerre :

Le blessé d’une guerre moderne est un blessé des membres par éclats. L’hémorragie est la première cause des décès pendant la première heure. Le SSA a fait le choix d’un ramassage médicalisé et d’un transport rapide vers une structure chirurgicale proche mais légère ou plus lourde mais parfois plus éloignée. Les gestes chirurgicaux réalisés doivent être simples, rapides et fiables. Ils ont pour but de sauver la vie du patient et de le conditionner au mieux pour son transfert vers la métropole.

Les structures chirurgicales déployées en mission :

Elles portent le nom de rôle 2 ou rôle 3 selon la dénomination de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Les rôles 2 sont complètement tournés sur le versant de l’urgence chirurgicale alors que les rôles 3, plus lourds en moyens, permettent un soutien tant médical que chirurgical. Ces structures sont dotées de moyens chirurgicaux plus ou moins spécifiques comme le Fixateur Externe de Percy mais souvent issus de l’expérience des centres de traumatologie (Appareillage d’économie globulaire : cellsaver®).

Perspective et innovation :

Le rôle du service de santé ne se limite pas à la mission, cliniciens et chercheurs sont associés dans la volonté d’assurer à nos patients une prise en charge optimale :

Ces recherches et innovations ne se limitent pas au champ de la médecine clinique. Si la télémédecine permet déjà le transfert d’images en temps réel, des réflexions sont menées pour assurer une aide technique (du conseil audio visuel au support technique d’un bras robotisé).

Les innovations existent également dans le cadre pédagogique avec le cours avancé de chirurgie en missions extérieures (CACHIRMEX).

Conclusion :

Façonné par une tradition tri centenaire, le service de santé des armées doit à ses patients de rester au contact des progrès technologiques. Si le retour d’expérience est un élément important, les coopérations avec les acteurs de santé de la société civile sont incontournables à l’image des 2600 réservistes qui partagent régulièrement nos missions.