50 ans ? Et alors ? (LCA et sport)

Jean-Yves JENNY (Hôpitaux Universitaires de Strasbourg)

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La question peut se poser de deux façons différentes : Faut-il opérer les ruptures du LCA chez un patient de plus de 50 ans ? Si oui, quelle activité sportive peut-elle être autorisée après l’intervention ?

L’histoire naturelle des ruptures du LCA est bien connue chez les patients jeunes : les lésions cartilagineuses et méniscales augmentent avec le temps, pouvant mener à l’arthrose précoce. De ce fait il est de plus en plus recommandé, pour cette population, de préconiser la réparation ligamentaire de principe. La situation est moins claire chez les patients plus âgés : du fait de leur moindre activité sportive, on peut imaginer que le risque de lésions secondaires est plus faible, mais les données épidémiologiques manquent. D’un autre côté, le risque arthrogène lié à l’intervention lui-même est mal évalué, et il n’est pas prouvé que la réparation ligamentaire, même couronnée de succès, évite l’arthrose. Enfin, il est couramment admis que la rééducation postopératoire est plus difficile chez les patients plus âgés, influençant négativement le résultat final. C’est pourquoi de nombreux auteurs recommandent de ne pas réparer les lésions du LCA au-delà d’un âge limite d’ailleurs arbitrairement, et mal, défini.

Pourtant, les quelques séries publiées sont plutôt encourageantes. Les résultats cliniques et fonctionnels sont peu différents de ceux observés chez les sujets plus jeunes. La laxité est aussi bien corrigée, quel que soit le type de greffe utilisé. Les échecs ne sont pas plus nombreux. Il faut toutefois tempérer cet optimisme car les patients opérés représentent une population différente et généralement plus « sélectionnés » que les sujets plus jeunes : patients actifs, encore sportifs, mais d’une intensité plus modérée, ayant le plus souvent une instabilité vraie, rarement opérés de principe.

Un dernier élément est la fréquence des arthroses vraies secondaires à une lésion du LCA non réparée : si la fréquence des lésions cartilagineuses est indiscutable, la survenue d’une arthrose vraie est probablement faible, car cette étiologie n’est retrouvée que de façon marginale dans les séries d’ostéotomies tibiales ou de prothèses de genou…

On peut donc suggérer la conduite suivante devant une rupture du LCA chez un patient de plus de 50 ans :