Ostéosynthèse mini-invasive : une mode éphémère ou un réel progrès ?

P. Simon
Service de chirurgie orthopédique et traumatologique
Hôpital St Joseph St Luc - LYON

La chirurgie mini-invasive est un concept déjà ancien puisqu’il est appliqué depuis plus de cinquante ans dans l’ostéosynthèse des fractures diaphysaires par enclouage centro-médullaire.

Ce même concept appliqué aux implants extra-médullaires est beaucoup plus récent. Depuis les années 60 l’ostéosynthèse par plaque répondait aux principes édictés par l’AO à savoir une réduction anatomique de la fracture et une fixation stable ; celle ci nécessitait avec les plaques classiques un contact cortical parfait. L’apparition des plaques à vis bloquées a changé la donne. La fixation parfaitement stable permise par ces implants sans contact cortical, à la façon d’un fixateur externe a permis de se dégager de l’obligation d’aborder le foyer de fracture. L’intérêt de la réduction des abords réside dans la réalisation d’une ostéosynthèse biologique, avec conservation de l’hématome péri-fracturaire. L’abord limité du foyer permet également de maintenir la cohésion des tissus adjacents, garant d’une meilleure stabilité de l’ostéosynthèse.

Cette réduction indirecte nécessite bien sût d’intervenir sur une fracture préalablement réduite comme on le fait pour un enclouage centro-médullaire. La restitution des axes et de la longueur du membre fracturé, la correction des troubles de rotation sont des objectifs prioritaires à respecter. Ceci doit être réalisé soit sur table orthopédique, soit par un système de distraction externe provisoire.

Plus qu’une nouvelle technique chirurgicale, la chirurgie mini-invasive en traumatologie correspond à un véritable changement de philosophie ayant conduit au remplacement du concept de réduction à foyer ouvert et fixation stable (Open Reduction and Internal Fixation ou ORIF) par celui d’ostéosynthèse percutanée mini-invasive (Miniinvasive Percutaneous Plate Osteosynthesis ou MIPPO).

 


 

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