Intérêt de latéraliser une prothèse inversée : à propos de 76 cas avec un recul minimal de 2 ans

Ph. Valenti, Institut de la main -6 sq. Jouvenet 75016 Paris, France
D. Katz, Clinique de Ploemeur - Lorient, France
Ph. Sauzières, Institut de la main - 6 sq. Jouvenet 75016 Paris, France

communication complète

Objectifs :

La prothèse inversée dessinée par P Grammont, a prouvé son efficacité dans le difficile traitement des épaules pseudo paralytiques secondaire à une coiffe des rotateur déficiente. L’objectif de cette étude était d’évaluer rétrospectivement les résultats d’une prothèse inversée plus latéralisée.

Matériel :

Entre avril 2003 et septembre 2007, 180 prothèses inversées latéralisées Arrow ont été implantées de façon consécutive : 126 étaient indiquées pour le traitement d’une épaule pseudo paralytique secondaire à une rupture massive irréparable de la coiffe des rotateurs. L’âge moyen de ces patients était de 73 ans. Tous les patients, en pré opératoire, ont pratiqué des radiographies standards et un examen tomodensitométrique pour évaluer le stock osseux glénoïdien, le degré d’infiltration graisseuse et la trophicité musculaire de la coiffe restante. Le score de constant et l’indice subjectif de satisfaction ont été utilisés pour le bilan pré et post opératoire.

Résultats :

76 prothèses inversées latéralisées ont été revus avec un recul minimal de 2ans et moyen de 36 mois .Toutes les valeurs mesurées se sont améliorés significativement (p<0,001). Le score de constant absolu moyen a progressé de 24,25 à 59 soit un gain de 35 points. 31 patients étaient très satisfaits, 43 satisfaits et 4 étaient mécontents. Le gain en élévation active antérieure était de 61° (65-126) et en indolence de 10 points (4-14). Le gain en rotation externe coude au corps était de 15° (15-30), en rotation externe et en abduction de 90° de 30° (19-49) et de 1 point en rotation interne (5,5-6,5). Aucun patient ne présentait une encoche au niveau du pilier de l’omoplate avec cette prothèse inversée latéralisée au plus long recul.

23 complications (18,3%) sur 126 prothèses ont été individualisées. 17 cas de démontage prothétique lié à une défaillance mécanique de la prothèse de première génération. Il s’agissait de 10 démontages de la glénosphère du métal back et de 7 déclipsages de l’insert huméral en polyéthylène impacté dans la tige humérale universelle. 14 des patients sur 17 ont été repris par une prothèse totale inversée de 2eme génération avec un score de Constant moyen après la révision avec un recul supérieur à 2 ans de 58,1 point donc significativement non différent des prothèses non compliquées. 6 autres complications ont été déplorées (4,7%) : 2 descellements glénoïdiens, une infection, une luxation, une fracture de l’acromion et 2 paralysie du nerf axillaire dont une transitoire.

Conclusion :

La latéralisation de la prothèse inversée a permis d’améliorer les gains en rotation externe et interne tout en restaurant une élévation antérieure active moyenne de 126°. Aucune encoche glénoïdienne au plus long recul n’a été mise en évidence. Il nous parait trop tôt pour affirmer la longévité de ces prothèses inversées latéralisées et un plus long recul est nécessaire pour confirmer ces bons résultats précoces.

 


 

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