LES INFECTIONS SUR PROTHESE ARTICULAIRE
DEFINITIONS – EPIDEMIOLOGIE

Jean-Yves JENNY (Hôpitaux Universitaires de Strasbourg-FR)

communication complète

Les infections sur prothèse articulaire sont un problème rare mais suffisamment grave pour générer quantité de travaux dans toutes les spécialités intéressées.

La première difficulté réside dans la définition d'une infection sur prothèse articulaire. L'étude de la littérature montre qu'il y a peu de définitions validées de ce qu’est une infection. La majorité des définitions cliniques concerne la chirurgie générale et sont mal adaptés à la chirurgie orthopédique. Différentes études ont montré qu'il existait une mauvaise corrélation clinique entre les différentes définitions acceptées, et de ce fait les taux d'infection peuvent être très différents pour une même population.

Les critères bactériologiques sont également d'interprétation délicate. Le taux de positivité des prélèvements bactériologiques peropératoires dépend de la technique de culture utilisée. Si les prélèvements sont négatifs, il est difficile de trancher entre l'absence effective d'infection et une infection authentique à bactériologie négative. Si les prélèvements sont positifs, il est parfois difficile de trancher entre la découverte des germes véritablement responsables ou la mise en évidence de simples contaminants.

Le diagnostic d'infection est donc difficile à poser, difficile à affirmer, et il n'est probablement pas reproductible d'un médecin à l'autre. De ce fait comparer des taux d'infection entre différentes structures est méthodologiquement très discutable.

De nombreuses études rapportent des taux d'infection sur prothèse articulaire. Mais ces études sont difficilement comparables : elles s'adressent tantôt au diagnostic d'infection, tantôt à la ré intervention pour infection ; elles mélangent souvent incidence et prévalence ; elles ne tiennent que rarement compte du délai écoulé, qui augmente mécaniquement l'incidence des infections. Les chiffres les plus fiables sont probablement ceux issus des registres de prothèse, notamment scandinaves, qui concordent pour rapporter des taux acceptables inférieurs à 1% à 10 ans de recul pour les prothèses totales de hanche, un peu plus élevés pour les prothèses totales de genou.

Ce taux est faible, mais il faut le comparer aux 60.000 prothèses totales de hanche et aux 65.000 prothèses totales de genou implantées annuellement en France à ce jour. On peut donc évaluer l'incidence des nouveaux cas d'infection sur prothèse totale de hanche ou de genou à 1.200 cas annuels en France aujourd’hui.


 

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