FRACTURES DU POIGNET et CIMENTS PHOSPHOCALCIQUES

C SCHWARTZ, R BORDEI (Colmar)

communication complète

La fracture du poignet est la fracture la plus fréquente tout âge confondu. Elle ne pose, la plupart du temps, aucun problème chez l’enfant où il s’agit habituellement d’un décollement épiphysaire. Elle reste de traitement difficile la plupart du temps dans les deux catégories étiopathogéniques les plus fréquentes : la fracture à haute énergie de l’adulte jeune et la fracture par compression extension après chute banale chez la personne âgée.

Il s’agit d’une fracture articulaire ou para articulaire nécessitant donc, pour le meilleur résultat fonctionnel possible, une réduction la plus anatomique possible sauf cas particulier. On pourra tolérer le cal vicieux d’une fracture par compression extension chez une personne très âgée, si cette fracture est stable et que l’absence de réduction permet une consolidation plus rapide, donc une immobilisation à minima et donc le retour le plus rapide possible à une fonction également à minima. La réduction de ces fractures du poignet ne pose, la plupart du temps, pas de problème, soit par manœuvres externes manuelles, soit par ligamentotaxis pour les fractures plus complexes.

La contention peut être assurée par embrochage intra focal ou non, plaque postérieure ou plus souvent antérieure, ou enfin par un fixateur externe. La stabilité du montage, lors de perte de substance importante, soit par la comminution traumatique, soit par la compression du spongieux, peut être assurée par une greffe spongieuse ou un substitut osseux pour éviter au maximum la perte de correction ou le démontage. La greffe osseuse ne pose évidemment pas de problème de tolérance mais entraîne son lot de iatrogénie. Les céramiques biphasées sont également très bien tolérées mais nécessite un abord assez large du foyer. Elles sont ensuite bien intégrées et jouent bien leurs rôles de complément d’ostéosynthèse lorsqu’il s’agit de forme rigide et bien ajustées à la perte de substance.

Le ciment phosphocalcique a pour avantage de pouvoir être injecté par une mini voie d’abord après préparation de la perte de substance irrégulière. Le ciment remplit (alors lorsqu’il est injecté sous contrôle par ampli de brillance) ce rôle de complément d’ostéosynthèse permettant une meilleure stabilité du montage, soit par broche soit par plaque ; elle permet aussi de lever la distraction d’un montage par fixateur externe après quelques heures, transformant la distraction en neutralisation. Cette dernière modalité limite notablement le nombre de complication de type algodystrophique dans les fixateurs par distraction. Un apport non négligeable de la stabilisation parfaite du foyer grâce au ciment phosphocalcique est la diminution des plaintes douloureuses post opératoires. Il y a de ce fait une récupération plus rapide de la mobilité des doigts et de la prono-supination, voire de l’extension-flexion du poignet lui-même lorsque l’on peut se passer de contention plâtrée complémentaire.

Nous passerons en revue la littérature, notre expérience de 10 ans dans l’utilisation des ciments dans ces fractures du poignet pour en tirer les meilleures indications et en préciser les contre-indications ; enfin, nous présenterons une courte série prospective comparative entre le traitement par injection de ciment en complément d’ostéosynthèse et l’ostéosynthèse isolée.

 


 

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