ARTHROSCOPIE SOUS-TALIENNE : Technique et indications. Résultats préliminaires d'une série prospective
de 15 cas d'arthrodèse à 4 ans de recul moyen.

O. LAFFENETRE, Y. BASSO, D. CHAUVEAUX

CHU Pellegrin - Bordeaux

La communication complète

Introduction 

Le premier travail sur l'arthroscopie sous talienne a été publié par Parisien dans Foot & Ankle en 1986 et encore aujourd'hui très peu d'équipe en ont l'expérience. Nous voudrions ici faire part de notre propre expérience en ce domaine, en rapportant les résultats d'une série prospective de 15 arthrodèses revues à 4 ans de recul moyen. 

Technique

La technique elle-même a évolué : au début de notre expérience (14 patients dans cette série) nous avons utilisé deux voies d'abord antéro- et postéro-latérales en décubitus dorsal avec un optique 2.7 tel que le préconisaient Parisien ou Frey ; le nettoyage initial du sinus du tarse par la voie antérieure permettait d'aborder la sous talienne postérieure par en avant, et l'avivement se poursuivait vers l'arrière au moyen d'une instrumentation motorisée et d'un jeu de curettes de tailles croissantes ; la seule voie antéro-latérale ne permettant d'avoir un jour que sur les _ antérieurs de la surface, c'est en combinant les deux voies que la totalité de l'articulation pouvait être préparée. Il était alors procédé à un vissage canulé talo-calcanéen par une courte incision antérieure, au moyen d'une vis de diamètre 6,5. Un de ces patients, qui a bénéficié d'une double arthrodèse talo-crurale et sous-talienne sous arthroscopie a été fixé par un enclouage rétrograde de cheville. Le dernier patient inclus a bénéficié d'une approche postérieure différente en décubitus ventral avec un optique 4 par deux voies para tendineuse telles que les a décrite Van Dijk pour traiter les conflits postérieurs de la cheville, et qui permettent l'accès au carrefour postérieur, aux _ postérieurs des articulations talo-crurale et sous-talienne ; ce patient a bénéficié en outre d'une voie antéro-latérale pour la partie toute antérieure de la surface. La fixation a été là encore assurée par une vis canulée mais calcanéo-talienne postéro-antérieure. 

Résultats

Il s'agissait donc du suivi prospectif de 12 hommes et 3 femmes d'âge moyen 54 ans (33-75) revus à 48 mois de recul moyen (22-72). Parmi les étiologie on notait dix séquelles traumatiques (fracture calcanéenne et/ou talienne), deux séquelles de laxité chronique, une atteinte dégénérative, une arthropathie inflammatoire (spondylarthrite ankylosante)et une rupture ancienne du tibial postérieur. Au recul maximum 13 patients ont fusionné en sept semaines de première intention (87%). Un patient a présenté une algodystrophie documentée et traitée, trois autres ont dû voir leur matériel retiré pour gêne sans influence sur le résultat final. 

Discussion - Conclusion

Au plus grand recul, les scores d'évaluation SFMCP et AOFAS sont respectivement de 71 et
75 /100, ce qui atteste d'un bon résultat pour une technique d'arthrodèse. Deux ont dû être repris à ciel ouvert avec mise en place d'un greffon iliaque pour pseudarthrodèse aseptique (et qui ont alors fusionné en deux mois) : il s'agissait probablement d'une erreur de management post-opératoire, ces patients, au début de notre expérience ayant bénéficié d'un appui précoce au
21e jour dans une botte de marche, ce qui a dû favoriser la mobilité du montage maintenu par une seule vis. On ne note aucune complication septique.

Compte tenu de ces résultats et de la morbidité quasi-nulle de cette technique, il s'agit donc pour nous chaque fois qu'elle est réalisable (présence d'un interligne visible radiologiquement et surtout scannographiquement, destruction articulaire axée) de la technique de choix d'arthrodèse de l'articulation sous-talienne.

 

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