Mise en place d'une prothèse totale de hanche cimentée ou hybride par voie de Watson Jones modifiée.

Pierre HENKY - Clinique Sainte Odile, Strasbourg

 La communication complète

La voie de Watson-Jones est une voie utilisée depuis de nombreuses années pour l'implantation de prothèses totales de hanches soit en position dorsale soit latérale. Il s'agit d'une voie parfaitement anatomique, passant dans l'espace situé en avant du moyen fessier avec un accès direct à la capsule articulaire de la hanche sans interposition ou risques vasculo-nerveux. Cette voie remplit donc parfaitement le cahier des charges " mini-invasif " que nous nous étions fixé, à savoir le respect de tous les muscles effecteurs et stabilisateurs, la possibilité de pouvoir conserver la capsule et faire des gestes complémentaires si nécessaire. En effet mini invasif ne signifie pas mini-incision.

L'installation se fait en décubitus dorsal sur table normale et la préparation du cotyle se fait de manière tout à fait habituelle (cotyle cimenté ou non). Le problème dans cette voie est bien sûr le respect du glutéus médius dont l'orientation des fibres est très variable avec parfois un muscle qui masque complètement la coupe du col ce qui impliquait autrefois de désinsérer le faisceau antérieur du glutéus médius ou de le sectionner. Nous avons donc utilisé une prothèse de type Kerboull qui s'adapte très bien à ce problème et des râpes fémorales en deux parties. La première râpe permet de contourner le moyen fessier et de préparer le fémur proximal, la deuxième permet de préparer la partie distale sans léser le glutéus médius, du fait de leur section proximale amincie. Des alésoirs permettent le cas échéant de compléter la préparation du fémur.

Depuis l'utilisation des râpes bibloc, les indications de cette technique ont été les coxarthroses et nécroses sans enraidissement excessif et sans déformation fixée chez des patients minces (103 cas), 1 fracture du col avec arthrose, 2 changements de cupule cotyloïdienne isolés.

La marche est reprise le lendemain de l'opération, après ablation des redons, avec deux cannes qui peuvent être abandonnées selon les patients vers le troisième jour post opératoire si le bassin est bien équilibré. Dans le cas contraire, nous recommandons le port des cannes pendant 3 semaines.

Les complications de cette série sont détaillées (1 fracture de l'arrière fond cotyloïdien sans conséquence, une bascule cotyloïdienne d'un implant press fit, une fracture du fémur sans rapport, par chute violente, 3 hématomes importants sans réintervention et de causes médicales, pas de phlébite ni embolie, pas de nécrose cutanée, pas d'infection).

Sur le plan radiographique une série prospective continue de 40 cas a été réalisée depuis le 1/9/2004 et les résultats sont analysés. En effet, cette voie est réputée donner des ossifications et entraîner une tendance à la varisation des pièces fémorales et une antéversion des cupules cotyloïdiennes.

En conclusion, nous nous sommes aperçus que la rapidité de récupération ne dépendait absolument pas de la longueur de l'incision mais simplement de la préservation du muscle gluteus medius et probablement de la préservation de son innervation. Par ailleurs, cette technique ne s'applique qu'à certaines prothèses dont le dessin est favorable et sans doute peu aux prothèses sans ciment.

 

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