FRACTURES PROXIMALES DE L'HUMERUS

CLOU DE SEIDEL : TECHNIQUE

B. SCHENCK Centre de Traumatologie et d'Orthopédie STRASBOURG

 

Les fractures de l'extrémité proximale de l'humérus restent un problème orthopédique difficile à plus d'un titre.

La mauvaise qualité osseuse compromettant la stabilité des synthèses, la difficulté de reconstruction anatomique, l'âge avancé des patients rendant la rééducation laborieuse sont des facteurs de mauvais pronostic fonctionnel, quel que soit le traitement proposé.

Les résultats médiocres des prothèses céphaliques nous ont poussé à rechercher une alternative thérapeutique.

Utilisant depuis 1986 le clou de Seidel dans les fractures diaphysaires de l'humérus, nous avons tenté de l'adapter aux contraintes imposées par les fractures proximales et notamment les fractures à trois et quatre fragments.

La première idée a été d'adapter au sommet du clou une " araignée " permettant de stabiliser la tête et les tubérosités.

Ce dispositif encombrant l'espace sous-acromial n'était pas sans poser de problème au niveau de la coiffe des rotateurs.

Ce sont succédées alors un certain nombre de modifications : mise au point de " l'araignée " latérale fixée sur l'orifice de verrouillage le plus proximal, filetage de cet orifice de verrouillage stabilisant la vis dans le clou.

Actuellement le clou s'utilise avec ou sans " araignée " latérale selon le type de fracture. L'objectif est de reconstruire au mieux l'extrémité proximale de l'humérus par une synthèse stable permettant une rééducation immédiate.

Il faudra repositionner la calotte humérale en face de la glène, réduire et fixer les tubérosités.

Le clou aura un effet étai sur la calotte, les vis de verrouillage et éventuellement " l'araignée " stabiliseront les tubérosités.

 

Technique opératoire :

Le patient est en position demi-assise, l'épaule dégagée de la table, l'avant-bras sur un appui. Cette position doit permettre l'utilisation de l'amplificateur de brillance.

L'abord chirurgical se fait par une courte incision pré acromiale à travers la coiffe des rotateurs, si la fracture a pu être réduite par les manoeuvres externes.

Le plus souvent les factures proximales imposent une technique à foyer ouvert permettant la réduction des différents fragments.

Le clou sera alors introduit dans le foyer de fracture une fois la calotte humérale repositionnée en face de la glène. Les tubérosités seront refermées sur l'extrémité du clou et stabilisées par les vis de verrouillage ou " l'araignée latérale.

Dans tous les cas le clou sera au préalable stabilisé dans la diaphyse humérale grâce à la vis d'expansion des ailettes distales.

Matériel :

Nous disposons de deux diamètres de clou (7 et 9 mm) dans les longueurs de 140 à 320 mm.

Les clous utilisés dans les fractures proximales sont des clous de 140 ou 160 mm.

Il existe trois possibilités de verrouillage proximal :

  • 2 transversales

    1 antéro-postérieure.

  • Les cinq branches de " l'araignée " sont recourbées, raccourcies ou coupées à la demande.

    Quelques résultats :

  • Une étude rétrospective a été effectuée sur 70 patients opérés de 1994 à 1999.
  • Les résultats cliniques ont retrouvé 83 % de patients satisfaits (abduction et antépulsion supérieure ou égale à 90°, indolence) 17 % des patients gardent des amplitudes articulaires réduites ou une raideur.

    Des douleurs résiduelles persistent chez 7 % des patients.

    L'étude radiologique met en évidence une consolidation osseuse à la 9ème semaine, en moyenne.

    On déplore 27 % de consolidation en varus, 8, 51 % en valgus et 36,16 % de cals vicieux au niveau du trochiter.

  • Dans notre série on a assisté à 37 % de complications post-opératoires :
    • 16 % de clous saillants,
    • 10 % d'algodystrophie et de capsulites rétractiles,
    • 6 % d'ostéonécrose de la tête humérale,
    • 4 % de pseudarthroses,
    • 1 % de démontage du matériel.
    • 24 % ont nécessité une reprise chirurgicale permettant dans 88 % de ces cas d'améliorer la fonction.
     

    Sommaire Geco 2002  

     

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