Les possibilités actuelles de réparation des pertes de substance ostéochondrales du genou.

Henri ROBERT, C. H. Nord-Mayenne, F 53100 . Mayenne .

Communication complète

Les lésions cartilagineuses profondes du genou (avulsion cartilagineuse post traumatique, ostéochondrite) ont un mauvais potentiel de réparation spontanée. Leur risque arthrosique est très probable même si la tolérance clinique semble bonne à moyen terme.

Depuis 10 ans, on assiste à un regain d'intérêt pour les lésions ostéochondrales car de nouvelles possibilités thérapeutiques s'offrent. Il est essentiel de bien évaluer les lésions par un bilan pré-opératoire (arthro-scanner ou IRM avec des séquences spécifiques du cartilage) et per-opératoire en s'appuyant sur la classification de l'International Cartilage Repair Society. (siège, profondeur, étendue). Avant d'envisager le geste de réparation, un débridement de la lésion est indispensable pour obtenir des berges lésionelles saines et stables ; le choix final dépendra du bilan à ce stade.

Trois techniques vont être développées : les micro-fractures, les greffes ostéochondrales en mosaïque et les implantations de chondrocytes autologues.

- Le principe des micro-fractures est de favoriser la régénération fibro-cartilagineuse à partir des cellules multi-potentielles de la moelle qui vont envahir le caillot initial. La zone sous-chondrale est perforée tous les 3 ou 4 mm sur 4 mm de profondeur. Cette technique simple nécessite dans les suites post-opératoires une rééducation stricte avec interdiction d'appui pendant 4 semaines, mais mobilisation libre du genou.   -

- Les greffes ostéochondrales multiples consistent à prélever dans la zone para-trochléenne interne ou au pourtour de l'échancrure, plusieurs plots ostéochondraux qui seront implantés en press-fit dans la perte de substance. L'espace entre les plots est comblé par une pâte spongieuse. Cette technique par arthroscopie ou arthrotomie est très minutieuse. Dans les suites opératoires, pour les condyles, l'appui n'est pas autorisé avant 3 ou 4 semaines puis un appui partiel est possible, par contre la flexion reste tout à fait libre, Pour la rotule, la flexion est limitée et l'appui est libre.

- L'implantation de chondrocytes autologues est une technique nécessitant la collaboration d'un laboratoire de thérapie cellulaire. La technique comprend 2 temps, d'abord le prélèvement de quelques 300 mg. de cartilage qui seront mis en culture, puis l'implantation sous un patch périosté, 3 à 4 semaines plus tard, de plusieurs millions de chondrocytes. Dans les suites opératoires, le non-appui doit être respecté pendant 6 semaines, la mobilisation sera douce et progressive.

Ces différentes techniques ont des indications spécifiques que nous développerons.

Référence : Annales de la Société Française d'Arthroscopie, 1999,

Symposium " Réparation cartilagineuse du genou " T. Boyer et H. Robert .

 

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