Hôpital Henri Mondor
Créteil, 94010 cedex
Tél : 01.49.81.26.03
Fax : 01.49.81.26.08
E-mail : jalortho@aol.com
But de l’étude :
Etablir le pronostic après
la survenue d’une fracture de tête en céramique à partir de 105 cas provenant
de 35 centres. Nous avons étudié l’apparition de complications postop, l’évolution
radiographique et établi le taux de reprise itérative ainsi que les courbes
de survie.
Résultats :
A un recul moyen de 3.5 ans (0.5
à 20 ans) 23% de descellements cotyloïdiens et 21% de descellements fémoraux
sont survenus. Finalement une 2ème reprise a dû être réalisée dans
33 cas (31,5%), une 3ème reprise dans 8 cas et une 4ème reprise dans 2 cas, pour infection, descellement des implants, métallose ou
fracture itérative de la tête fémorale. Des particules d’alumine ont été
retrouvées lors d’études histologiques dans 13 cas (39%), persistant soit
dans la néosynoviale (7 cas), soit enchâssées dans le cotyle en polyéthylène
(6 cas). Parmi les 27 cas de reprise itérative de PTH dont la nouvelle tête
était en métal, 20 étaient déformées par ovalisation, témoignant d’une usure
du métal. Au total, le taux de survie à 5 ans était de 63%. Il était
statistiquement influencé par les facteurs suivants : 1) Changement ou
non du cotyle prothétique (p=0.01), le taux de survie à 5 ans étant de 68 %
lorsque le cotyle avait été changé pour 36 % dans le cas contraire, 2) Matériau
de la nouvelle tête fémorale (p=0.01), le taux de survie à 5 ans étant de 56
% lorsqu’une tête métal avait été implantée lors de la reprise et de
76,5 % dans le cas contraire, 3) Réalisation ou non d’une exérèse de la néosynoviale
(p=0.005), le taux de survie à 5 ans étant de 49,5 % lorsqu’une exérèse
simple de la néocapsule avait était réalisée et de 73% après une exérèse de
type tumorale.
Conclusion :
Les fractures de têtes en céramique sont rares mais potentiellement grave.
Une attitude thérapeutique adaptée aux conséquences de cette complication est
indispensable pour éviter la survenue de descellements précoces des implants
et de métallose aboutissant à des reprises itératives. Elle doit
théoriquement comporter la mise en place d’une nouvelle tête en céramique, le
changement de la cupule et de la tige fémorale (pour avoir un cône morse
vierge), et l’exérèse pseudo-tumorale de la néo-capsule pour retirer le
maximum de fragments de céramique.